Eugène Guillevic

Publié le par Jeanne Djoumpey

Eugène Guillevic !

Une voix indispensable dans le concert du monde .

Une voix simple et têtue, sincère , en dehors des modes ...une poésie sur la piste de  " l'être-là  "des choses .

Et l'âme des choses touche la nôtre discrètement, en peu de mots ...

Quelques textes de Guillevic  qui sont pour moi comme des galets que l'on rapporte d'une  plage..

Haîku? qui a dit Haïku? ....

 

-----------------------------------------------------------------------------

          Au-dehors l'arbre est là,et c'est bon qu'il soit là,

          Signe constant des choses qui plongent dans l'argile.

          Il est vert, il est grand, il a des bras puissants.

          Ses feuilles comme des mains d'enfant qui dort

          S'émeuvent et clignent.

EG

------------------------------------------------------------------------------------

 

                                                  Tu regardes la mer

                                                  Et lui cherches  des yeux.

                                                  Tu regardes des yeux

                                                  et tu y vois la mer .

EG

-------------------------------------

 

                                                 La maison d'en face

                                               Et son mur de briques.

                                                La maison de briques

                                                Et son ventre froid .

                                              La maison de briques

                                                 Où le rouge a froid.

                                                   EG

 

 -----------------------------------------------------

Il s'est passé

 quelque chose à Carnac,

Il y a longtemps.

Quelque chose qui compte.

Et tu dis, lumière,

Qu'il y a lieu d'en être fier.

 EG

---------------------------------------------------------

 

L'armoire était de chêne

Et n'était pas ouverte.

Peut-être il en serait tombé des morts,

Peut-être il en serait tombé du pain.

Beaucoup de morts.

Beaucoup de pain.

EG

-------------------------------------------------

 

Crois-tu qu'il t'aime, le sable,

Qui sans toi serait debout

Dans le roc qui te domine,

Alors qu'il te sert de lieu

Où tu viens te promener ?

EG

 

----------------------------------------------

 

Assiettes en faïence usées

Dont  s'en va le blanc,

Vous êtes venues neuves

Chez nous.

Nous avons beaucoup appris

Pendant ce temps.

EG

 

----------------------------------------------------------------

 

La porte en bois mouillé

Au fond du jardin

Qui n'ouvrait pas

Elle en savait long

Sur les moisissures

Et le fer des gongs

Et nous a poussés dans les bras du temps.

EG

----------------------------------------------------------------------

Suppose

Que le bois de la table

Réclame ses racines

Et que je te demande

De nous y prendre ainsi

Qu'il ait surtout besoin

Du toucher de nos mains.

EG

---------------------------------------

 

Oui , l'eau coule et l'arbre attend.

 

Elle coule au creux de la terre,

Elle coule dans la chair de l'arbre

 

Et l'arbre attend.

EG

--------------------------------------------------------------------------------------------

Suppose

Que je vienne et te verse

Un peu d'eau dans la main

Et que je te demande

De la laisser couler

Goutte à goutte

Dans ma bouche.

EG

-----------------------------------------------------------------------

 

                    

Publicité

Publié dans L...lire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article