Andrée Chédid
Voix lumineuse dans le concert du monde, sa poésie m'est indispensable...
A quels gouffres descendre ?
A quelle folie consentir ?
A quelle porte guetter ?
A quelle douceur mourir ?
Parvenus enfin au soleil des racines,
N'aurons-nous pas perdu la lucarne
Qui donne sur nos souvenirs ?
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Avec mon sang aux mille oiseaux
J'ai marché tout au long de la terre
J'ai ri de l'argile
J'ai renié le temps
J'ai su parler à l'étranger
Avec mon sang couleur de jour
J'ai dit oui à la mort et à son innocence
J'ai refusé la nuit.
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Sachant qu'elle nous sera ôtée,
Je m'émerveille de croire en notre saison,
Et que nos coeurs chaque fois
Refusent l'ultime naufrage.
Que demain puisse compter,
Quand tout est abandon ;
Que nous soyons ensemble
Égarés et lucides,
Ardents et quotidiens,
Et que l'amour demeure après le discrédit.
Je m'émerveille du rêve qui sonde l'avenir,
Des soifs que rien ne désaltère.
Que nous soyons chasseurs et gibiers à la fois,
Gladiateurs d'infini et captifs d'un mirage.
Les dés étant formels et la mort souveraine,
Je m'émerveille de croire en notre saison.
Andrée Chédid est la mère de Louis Chédid, et donc la grand-mère de Mathieu Chédid,("M")
Beaucoup d'autres textes sont lumineux, sublimes, dont le long poème "hors du ventre"