Humalimaine

Publié le par Jeanne Djoumpey

S'il n'est parole que grossière

S'il n'est secret qu'évaporé

S'il n'est joie que canalisée

Laissez-moi donc jouir des allusions du vent sur l'envers des feuillages

Humer, jusqu'aux vert-tiges,

Le sourire  impalpable des plaines aux conques de l'été;

Laissez-moi m'abreuver

Laissez-moi m'ennivrer

Du silence des cimes au rictus de Bouddha

Et me sentir fétu de paille,

Molécule insolente de ce silence basaltique...

S'il n'est désir qu'édulcoré , et révolte que calculée,

Laissez-moi ,  

-distillée, défroquée de mon corps-

devenir bleue, or, vert, ardoise, mordorée,

reflet insoupçonné de l'esthétique humaine...

Et s'il n'est bonheur qu'organique,

Laissez-moi me vautrer sur le ventre sauvage , entr'herbu, des collines...

                    me terre

Graminée, asphodèle, graine, pollen, humus

Etre l'orgue...et puis l'oeil du chant de leurs entrailles

Laissez-moi me noyer dans les veines ardentes, irisées, du soleil

ou me faire brillance,

à ses sables mourant...

Laissez-moi,  morte enfin,  libre d'aimer la terre

           - orgasme magmatique aux lisières de l'être !

Ah ! retourner enfin le masque du langage, et manger ses racines d'argile ...

Puis errer, souterraine, toute cellule vive,

Vivre quatre milliards d'aventures

Et l'unique  pensée des êtres à venir...

 

 

Jeanne Djoumpey

 

 

 

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Publié dans O...ours et ortie

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