Tes mains

Publié le par Jeanne Djoumpey

    Tes mains sont les fantômes

Qui hantent mes cheveux

Mains larges et carrées

Mains de marin

            amarrées

Mains à cordages

            à terre

            à bière

Mains d'homme

            à modeler la vie

            à contenir le bois

            à mesurer le grain

            à soulever l'enfant

Des mains

          pour mes seins.

 

 

Jeanne Djoumpey

 

 

 

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Publié dans è...ème-moi

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J
Ce poème ne semble pas avoir d'autre but, sous l'égide de la métaphore ("Tes mains sont des fantômes"), que de mettre en avant une ambivalence. Ces mains d'homme, à l'apparence extérieure vigoureuse ("larges et carrées"), rompues à l'effort, à la charge ("amarrées", "à cordage", "à contenir le bois"), aptes à lutter sans relâche contre la violence des éléments ("Mains de marin") sont elles-mêmes porteuses d'une violence toujours en germe. La "bière" peut, en effet, entraîner des rixes. Les mains sont des armes, elles peuvent tuer, détruire. Cependant, et c'est ce qui fait la force de ces quelques lignes, ces mains sont parallèlement capables de faire preuve de la plus grande patience ("mesurer le grain"). Elles savent produire, ouvrant le chemin de la douceur ("Des mains / pour mes seins"), du fruit-plaisir, du fruit-enfant.<br /> <br /> Merci pour le partage !
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